Le monde qui se meut sous nos yeux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ceci est une photographie prise par ma mère, Bernadette Cayeux, qui nous quitta le 10 septembre 2010.

Je cite ici son nom, avec l’espoir un peu enfantin de créer un petit écho, qui en rejoindra je l’espère des tas d’autres dans les endroits qu’elle a traversé.

Elle aimait photographier les ciels au crépuscule de ses fenêtres. Je lui avais offert un petit appareil numérique Kodak et elle s’était prise au jeu.

Joies simples avec elle et pour elle de partager des sensations face au monde qui se mouvait sous nos yeux. La photographie produit cela presque par magie : l’éveil, l’appétit d’être vivant et témoin dans cette vie qui se donne en partage, qui est un mystère.

Je revois cette image d’un être cher aujourd’hui disparu et je m’imagine que au travers d’une photo faite avec coeur, appuyer sur le déclencheur est tout sauf un acte anodin ou banal. C’est une signature au bas d’un dialogue avec l’univers et qui dit : “j’étais là et je capture ceci qui transcendera l’espace et le temps”.

La photographie est ma vie pour cette raison : grâce à elle après que les yeux se soient évanouis, les regards demeurent comme des jardins suspendus.

 

menu